vendredi 20 novembre 2009

En vrac parce que l'inspiration de vient pas

Retour des enfants ce matin, nouvelle lettre de l'Ex, me souhaitant un prompt rétablissement.
J'ai envie de croire qu'il s'est trouvé poche avec son commentaire à ma fille. Ou c'est peut-être juste une manipulation de plus. Qu'importe. Ce sera une énième lettre sans réponse de ma part.

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Mes enfants ont eu un retour heureux de chez l'Ex. Ils étaient de bonne humeur, pas surexcités pour deux sous, bref ils ne semblaient pas alourdis du poids du monde. Ils m'ont raconté leur semaine qui a semblé bien se dérouler. Quand je compare à certaines semaines où ils étaient agressifs et avaient des sautes d'humeur, j'en suis bien contente !

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J'adore enseigner et j'adore mon cours. J'adore le contact avec mes étudiants et j'adore avoir le sentiment réel de changer les perceptions. J'en parle peu ici, encore moins qu'avant pour des raisons de censure. J'ai de nouveau eu le choix d'être en arrêt de travail et j'ai refusé. Toutefois, je dois admettre que je termine mon cours complètement épuisée, ce qui est bien dommage.

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Mon dos ne va pas bien du tout. Le nerf est lourdement endommagé et j'ai perdu toute sensibilité le long de la jambe et au pied et mes muscles sont affaiblis. Le souci, c'est que je n'ai pas mal au dos lui-même, comme si la douleur était gelée. Conséquemment, je n'agis pas assez comme la "grande" malade que je suis, je prends des risques. Ma physio n'a pas été encourageante. Aucune amélioration depuis trois semaines. En théorie, je ne devrais transporter rien de plus lourd qu'un iphone (et surtout pas sortir danser même si je danse sur le bout des fesses). Quelqu'un connaît un sort de téléportation pour mes livres scolaires et ma commande d'épicerie ?

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J'ai donné la pire présentation orale de toute ma vie (enfin, il me semble) jeudi soir passé. Pourtant, ce n'était pas tant un manque de préparation (oh non!) que la fatigue qui me faisait perdre mes idées et déparler. J'en aurais pleuré. Mais bon, c'est quand même juste une note, il y a des affaires pires dans la vie ! J'en ai finalement ri avec l'Amoureux devant des sushis, parce que j'ai un don assez extraordinaire pour exagérer la vie.

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Vous feriez quoi, vous, si vos élèves vous disaient que tels et telles faisaient dans le porno amateur ? Que les membres de l'équipe-école trouvaient le dit vidéo de Gang Bang impliquant un groupe d'élèves ? Que les pratiques sexuelles présentées étaient dégradantes au possible pour bien des participants et surtout des participantes ?

Ce sont des jeunes difficiles. Des jeunes que vous côtoyiez tous les jours. Des jeunes que vous aimez.

Je ne sais que répondre, je suis encore sous le choc.

mercredi 18 novembre 2009

En retard

Cette semaine a des allures de catastrophes et pourtant, si peu est arrivé. J'ai l'impression de vivre perpétuellement en retard, sur une autre planète, et l'arrimage avec la terre et l'heure de Montréal me demande un effort, effort qui est une grande source de stress.

L'espace-temps se multiplie en tranche qui ne se superposent pas dans mon esprit jusqu'au présent où je dois me rendre à l'évidence : deux rendez-vous en même temps, c'est impossible; trois rendez-vous qui se suivent dans deux villes différentes en alternance, c'est problématique. Ainsi, j'ai identifié au moins 6 tranches différentes, le temps de l'amitié et le temps de l'Amoureux, le temps des enfants et le temps de la thèse, le temps de l'enseignement et le temps des affaires quotidiennes. Autant de tranches distinctes, ayant leur espace propre que je ne parviens pas à faire coïncider dans l'anticipation. Comme si l'espace-temps était une notion floue, imprécise qu'apparemment, je n'arrive pas à concrétiser avant qu'il ne soit trop tard.

Quand ton dentiste a pris l'habitude de ne pas te donner de rendez-vous le lundi, pour se donner la chance de t'appeler la veille, c'est qu'il y a un fichu de problème !

Mais le pire, le pire de tout, c'est quand le retard nuit aux autres. Aux amis qui ont attendu pour rien. Aux professionnels qui ont perdu leur temps. À mes directrices qui vivent le stress de mon propre retard. Mes enfants. Mon Amoureux. Ma famille. Mes amis, mes amis, mes amis...

lundi 16 novembre 2009

Par une journée chaude de novembre

J'avais choisi ma journée, une de celle que le soleil inonde, apportant sa chaleur, son énergie qui nous manque en ces temps de grisaille.

J'avais apporté mon ordinateur jouant de ces chansons qui plongent en nous pour faire émerger le meilleur, le Beau, la paix. Et les larmes, aussi. Ça arrive et c'est bien.

Je me suis couchée sur le sol, le nez tourné vers la lumière et les mains offertes. J'ai regardé les arbres de novembre et son ciel froid, les allées vides et l'enchaînement de tombes, de tombes, de tombes, à l'infini de ces hommes et ces femmes qui ne sont plus.

La musique montait dans le calme du cimetière et je me faisais la réflexion que les morts n'avaient pas la chance d'en entendre souvent. C'est ainsi. La musique est la Vie tout en note et en silence, elle ne joue que pour les vivants.

Une heure ainsi suspendue entre deux mondes, le ciel et la terre, les vivants et les morts, les silences et la musique.


vendredi 13 novembre 2009

L'enfer de Demeter

Mini-moi : Maman, j'ai un secret à te dire. Je ne sais pas à qui je peux le dire, mais je ne veux pas le garder dans moi. j'ai trop de peine.

Moi : Je t'écoute ma belle.

Mini-moi : Quand j'ai dit à papa que tu t'étais fait mal au dos, il m'a demandé si tu allais mourir et il a dit c'est dommage quand j'ai dit non, en riant. Moi, ça me fait de la peine.

Moi : ... Merci ma belle de ta confiance. *respire, réfléchit, donne du positif, tire vers le haut* Parfois, les gens blessés disent des choses méchantes, mais dans le fond, c'est juste qu'ils ont de la peine. Ça t'arrive à l'école, non ?

La discussion dérive un peu sur les amitiés. Ma belle fille vient me faire un câlin et rentre dans la maison. Il n'en a plus été question de la semaine.

Le soir, l'Amoureux et moi en avons parlé. Il est issu de ces mariages malheureux qui se terminent en divorce déchirant. Il a vu ses parents devenir des monstres de haine à leurs heures. L'attitude de mon ex-mari le peine, mais il n'est pas surpris. Sa méchanceté se retourne contre lui, car Mini-moi s'en éloigne. Ma réaction positive a été la bonne, je gagne en sagesse, il faut croire. Ça a toujours été mon objectif, croyez-moi. Toutefois, mon tempérament ne me prédispose pas à me clouer le bec quand je me sens attaquée. Devant les enfants, je me mords la langue.

Mais ici, je peux le dire. Si je pouvais changer de père comme on jette une couche jetable, je le ferais. Mes enfants ne méritent pas d'avoir un tel imbécile une semaine sur deux. Quand je vois le comportement de l'Amoureux, qui me semble être un extra-terrestre tellement les différences sont grandes entre les deux, je me mords les doigts d'avoir été si stupide et si ... achetable en quelque sorte. Si naïve d'avoir cru qu'il serait un bon père. Si aveugle de ne pas voir la vérité en face.

Les regrets sont vains, et il est rare que je les entretiens. J'essaie, et l'Amoureux m'y aide, vous n'avez pas idée, de donner à mes enfants tous l'amour possible, de les sécuriser par un cadre solide, de rendre leur enfance heureuse, et riche de possibles.

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Voici un an et demi, j'ai écrit un texte important pour moi qui s'intitulait Demeter et Persephone, inspiré de cette relation mère-fille. (Pour une meilleure compréhension, j'ai mis le texte en archive). Comme Demeter, j'ai bouleversé mon monde, j'ai questionné ciel et terre pour comprendre ses enfers. À la minute même où j'ai réalisé, sincèrement et réellement réalisé, que rester dans ce couple leur empoisonnait l'âme, je me suis jetée hors de mon apathie où je mourais à petit feu. C'est pour mes enfants que j'ai agi.

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Quand on écrit avec ses tripes, il arrive souvent que l'inconscient s'exprime. Ce n'est que la relecture, avec le recul, qui nous permet de donner un sens différent à nos mots. Un sens qui nous échappait. Parfois aussi, la relecture transforme le contenu où l'inconscient n'avait aucun rôle à jouer. Il en est ainsi de votre lecture. Par vos interprétations, par votre passé, mes écrits se transforment parce que vous leur donner un sens qui n'est pas le mien.

Ce qui me saute aux yeux dans ce vieux texte, c'est que je me situais dans un temps précis du récit. Le temps de l'action. Or, l'histoire de Persephone ne se termine pas sur la quête héroïque de la mère. Il se trouve qu'elle avait faim, la pauvre enfant. Elle a donc mangé, en ce royaume des morts, 6 grains de pomme grenade. 6 malheureux grains qui la condamneront à vivre la moitié du temps dans les enfers.

Une sorte de garde partagée, en somme.

mardi 10 novembre 2009

Pathos

Couchée au fond du bain, je laisse l'eau avaler mes cheveux et mes oreilles et atténuer les sons de la maison. La douleur s'efface quelques instants et le monde m'apparaît soudain plus doux.

J'ai cent ans. Mon corps flotte dans l'eau et cette image me désole. J'ai l'impression qu'il m'abandonne comme un ami qui se détourne parce qu'on l'a blessé. Mon esprit déprime devant la lenteur du geste et chaque infime baisse de molécules synthétiques me rappelle à la souffrance. J'ai l'esprit prisonnier de ce corps que j'ai battu jusqu'à ce qu'il demande grâce, et même encore.

Dans l'éparpillement de mes vêtements si péniblement enlevés et jetés sans égard sur le sol, j'ai déposé mon livre. J'avais toujours refusé de lire Arcand, je la trouvais antipathique. C'est sa mort qui m'a ouvert les portes de son oeuvre, comme si son suicide leur donnait plus de poids. Pourtant, je suis certaine que je ne l'aurais jamais aimé quand même, parce qu'on ne peut pas aimer une peau qui n'est pas habitée et une âme rétrécie à hauteur de mots. Et c'est peut-être ce qui me chavire de cette oeuvre, reconnaître sa vulnérabilité et ne pas la lui pardonner.

Les pages de mon livre sont mouillées et se plissent. Sur le sol, les gouttes forment des étangs où Narcisse a choisit de mourir, plongé dans la contemplation de son reflet, ce reflet sans complaisance qui nous fait voir à quel point, sous la beauté, il y a la laideur et à quel point, quand on plonge jusqu'à s'y noyer, sous la laideur, il y a l'humanité.

Et moi, j'ai la tête sous l'eau et le corps étranger. Elle avait mon âge, et du talent, et novembre me ronge par en-dedans.

lundi 9 novembre 2009

Mon amie

Je sais que tu vas lire ce qui suit. J'aurais pu te l'écrire dans un courriel, discrètement. Et cela t'aurait probablement fait autant plaisir. Mais tu me connais bien, avec mon tempérament qui est tout sauf tempéré; mes éclats de joie, d'amour, de peine, mes coups de gueule et mes états d'âme ont parfois besoin d'être hurlé sur les toits, tant virtuels que réels. Mais rassure-toi, je ne grimperai pas sur les bardeaux de ma maison avec ma jambe handicapée, de toute façon, qui m'entendrait alors, même pas toi, qui est ma voisine de plusieurs kilomètres, et le geste serait vain.

Je sais qu'en éducation, on aime les combats perdus d'avance, mais l'échec a un tel goût d'amertume qu'il nous pousse à nous surpasser au point où l'on touche presque l'état de grâce et que l'on devient, l'espace de quelques temps, superwoman. Mais je n'oserais m'y risquer sur ce coup, la chute du toit pourrait être brutale. C'est donc ici, à la face de mes quelques lecteurs dont certains te connaissent que je te dirai à quel point j'ai de la chance que tu sois dans ma vie.

Pourquoi vivons-nous les mêmes affres et vicissitude, et ce, en même temps ? Qui sait. J'ai parfois pavé la voie en te traînant dans ce colloque sur le trouble déficitaire de l'attention qui t'a fait prendre conscience, le terme est faible, de ta situation familiale. Tu m'as carrément sauvé la peau en m'accueillant, semaine après semaine, Bébé dans les bras, en pleurs, en crise, en colère, complètement survoltée d'un divorce horrible, d'une vie amoureuse (peut-on la qualifier ainsi ?) rocambolesque que tu as gentiment surnommé " The red show" (ça sonne vachement mieux avec le vrai nom, mais bon).

Et là maintenant, cette aventure, ce calvaire, ce chemin de croix que nous parcourons ensemble depuis quatre ans, cette idée saugrenue de faire une thèse, pour prouver à ces parents intériorisés (parce que, nos vrais parents, ils en n' ont rien à foutre en fait) que nous avons une certaine valeur, cette thèse qui sera rien de moins que parfaite, car c'est ainsi, pèse sur notre quotidien de tout son poids, et dieu sait si nous savons mieux que quiconque à quel point six cents quelques pages de recherche, c'est lourd dans un sac à dos.

Et cette frustration qui commence à prendre de l'espace, après 14 ans d'université et presque autant pour toi, à gratter les fonds de bourse et quêter les charges de cours dans l'espoir de mettre du beurre sur le pain, négligeant ainsi nos propres études, parce que nous sommes consciencieuses et passons des heures à planifier nos cours, aider nos étudiants, insuffler de cette passion qui nous habite envers et contre tous !

Mon amie, naviguer dans les mers hostiles, seule sur un radeau de fortune, ça aurait été ma fin. Ta présence (et celles d'au moins deux autres copines dans le même bateau qui se reconnaîtront) me permet d'espérer qu'un jour, nous toucherons terre et que nous l'aurons en poche, ce dernier diplôme, et que ce sont les plages du sud qui pourront en attester ! Et s'il te plaît, je t'en prie, si un jour je fais mine de vouloir faire un post-doctorat, assomme-moi avec une bouteille de rhum.

Je t'aime

dimanche 8 novembre 2009

Asphyxiée

Il m'a fallu bien du talent pour déraper autant et n'en avoir pas soufflé mot à mon entourage. J'ai souvent prétendu que ce détour dans les prés était nécessaire. Une supposition pratique qui n'est, au final, qu'une indulgence mal placée envers soi-même.

Rien, par ailleurs, ne me permet de dire que la situation est différente. Je suis si facilement tentée, ma volonté change d'allégeance au gré des plaisirs immédiats et le reste semble alors avoir si peu d'importance.

Je dispose sans égard de mon corps, de mon esprit et du temps qui passe, autant d'objets extérieurs à moi. Aujourd'hui, je ne sais même plus si la poursuite de mes chimères en vaut la peine.

Le temps se rétrécit, et il me semble que mon corps et mon esprit aussi. Je n'ai plus la mesure de mes ambitions, ni la volonté de mes objectifs. Si vieille et rien devant moi, sinon que des A sans valeur.

Il me manque le souffle.

samedi 7 novembre 2009

À travers l'univers

J'avais plein d'amour dans les bras tout à l'heure, cette heure où le sale automne s'abandonne au froid pour la nuit. Mes enfants lovés à mes côtés, j'écoutais ce film que tu ne voulais pas voir, parce que ça chante. Tu as tort, mais c'est en vieillissant qu'on comprend qu'il n'y a que les fous qui se privent pour protéger leur image.

Fou, tu l'es, assurément, et ta folie me chavire. C'est cette belle lumière dans tes yeux lorsque tu regardes mes enfants s'amuser, ce temps que tu passes avec eux à jouer comme un gamin. Tu les as aimés parce que ce sont les miens. Mais tu les aimes maintenant parce que ce sont eux. Et eux, ils ont une façon toute simple de te rendre la pareille.

À une carte près de la folie

Le truc est connu. On choisit une carte routière, de préférence une carte raisonnable du genre qu'on peut en parcourir les moindre recoins en deux jours (si l'on a une fin de semaine de libre devant soi). On lance une petite fléchette et on s'en va visiter l'endroit qu'elle nous indique.

C'est l'Amoureux qui a eu l'idée. Je ne sais pas comment j'ai fait pour accepter de vivre aussi longtemps avec quelqu'un pour qui ce genre de choses un peu farfelues n'étaient même pas envisagées.

Prochaine destination : Val d'Or.

mardi 3 novembre 2009

C'est ce qui arrive quand on couche les fesses à l'air

J'avais le dos scié en deux depuis un mois. Évidemment, je n'avais pas assez mal pour faire quelque chose, pas assez de douleur pour perdre mon temps dans les méandres d'un hôpital. Toutefois, même avec des médicaments en vente libre pour les douleurs musculaires, je n'arrivais pas au bout de la douleur. Et celle-ci est tombée dans la fesse.

Or, j'ai une (esti) de tête de cochon. Et le vin rouge, un bon souper, une promesse de soirée chaude à souhait, des amis (mais surtout le vin rouge, j'insiste) m'ont fait oublier ce mal pour quelques (bonnes) heures. Il faut dire que l'alcool à volonté de ce party privé d'Halloween a également contribué à la chose. Et puis le spa sur le toit, en plein coeur du vieux montréal aussi, je pense. Surtout la sortie du spa, nue comme Ève, avec seulement une p'tite robe noire pour me réchauffer...

Or donc, le mal empire au fur et à mesure que le matin se lève. Je n'ai plus une seule position confortable et je n'aspire qu'à une chose : retourner chez nous. L'Amoureux au volant (impossible pour moi de conduire), nous roulions sur la 40 quand :

- J'ai eu si mal que j'ai cru perdre connaissance. J'ai apparemment déliré dans la voiture.
- L'Amoureux s'est arrêté dans le premier stationnement qui passait.
- Je me suis effondrée de la voiture, dans une flaque d'eau avec la pluie qui me tombait dessus.

Et j'ai hurlé, hurlé, hurlé comme je n'ai jamais hurlé de ma vie, cette douleur atroce qui me brûlait la jambe et le dos, qui coulait comme de la lave dans mon corps et qui me paralysait dans la position foetale, clouée au sol. Je n'ai pas de mots pour décrire une telle douleur et moi qui ait accouché deux fois, je peux vous assurer que ce n'était même pas comparable. Les seuls moments où mon cerveau a pu penser à autre chose qu'à la douleur c'est :

- Pour me rendre compte que l'Amoureux tique en situation de stress. Mais il tique sévère en plus. J'ai un don, je crois. J'attire à moi les Tourettes de ce monde. (et puis j'avais déjà eu un doute à ce sujet, mais là, c'était clair comme de l'eau de roche).
- Pour penser que j'allais être paralysée pour la vie - j'avais les pieds et les mains complètement engourdis.

Le tout a duré 10 minutes, le temps que les ambulanciers arrivent et que la codéine fasse effet. Les petites lumières de l'ambulance était bien intéressante à regarder ensuite.

Conclusion de cette petite histoire :
- J'ai la jambe gauche partiellement paralysée ou engourdie si vous préférez (c'est moins mélodramatique). Le fait est qu'elle n'a pas beaucoup de force et qu'une barre de métal la traverse de part en part à la place du nerf sciatique.
- Je suis légalement gelée comme une balle.
- Je suis en arrêt de travail pour une semaine : Watch out le prochain cours de 3h ! Je vais être d'un dynamisme à tout casser !
- Je manque la totalité de mon congrès à Québec *pleurs*
- J'en ai pour 6 mois de guérison !!!! J'ai failli hurlé aussi fort que dans le stationnement. 6 mois !!! Mais je vais faire comment moi ????
- Je suis, pour l'instant, incapable d'utiliser l'embrayage sur ma voiture.

EDIT : j'ai failli oublier le pire : PLUS DE DANSE. plus de danse. fini. Caput. Exit. Interdiction de branler mon cul et mes hanches sur aucun plancher digne de ce nom. Même pas un petit balancement de rien. C'est comme me donner un nanane (après 16 ans avec un homme qui ne voulait pas que je sorte sur une piste de danse), puis me le retirer vite fait avant que je le mange tout rond. *pleurs intenses*

Ce que j'ai ? Une hernie discale dont le disque frotte constamment sur le nerf sciatique et l'irrite. Conséquemment, une douleur du diable qu'il faut geler (je suis pas contre, hein!) en attendant que cela se replace tout seul ! Eh oui, rien à faire, sinon arrêter de lever des boîtes, déménager mes meubles, etc. Au pire, c'est l'opération du dos, mais je refuse de me rendre là.

Voilà pour les petites nouvelles de la fin de semaine. J'aurais aimé vous raconter un peu ma soirée d'Halloween (HOT!), mais cet incident a pris le dessus...

jeudi 29 octobre 2009

Colère

Il s'est pointé chez moi sans s'annoncer à plusieurs reprises.
Il m'a lancé au visage un cadeau qu'il m'avait acheté.
Il m'a écrit 220 courriels, en plus d'une quantité impressionnante de lettres insérée dans les valises des enfants.
Il a abusé de ma confiance lors de l'entente de séparation en me faisant accepter une partie seulement du patrimoine familiale.
Il s'est servi de la mort de mon grand-père pour me manipuler.
Il a insulté mon Amoureux.
Il a envoyé des lettres larmoyantes à tous les membres de ma famille qu'il s'empressait de mépriser auparavant.
Il a refusé de me rembourser ce qui lui restait de paiement à faire sur le patrimoine familial, m'obligeant à prendre des démarches juridiques contre lui.
Il affirme qu'il n'a jamais voulu les enfants et qu'il a longtemps cru que son fils n'était pas le sien.
Il m'a accusée des pires fourberies.

Et là, maintenant, il raconte aux enfants qu'il m'a fait vivre pendant 10 ans et que je suis en train de le voler.

Impuissante.
Je suis totalement impuissante.

Je refuse d'embarquer dans son petit jeu manipulateur. Il me suffira de sortir une lettre ou deux où il raconte à quel point il ne voulait pas d'eux pour détruire à tout jamais la relation qu'il a avec eux. Mais comment est-ce que je pourrais faire ça à mes enfants !!!!

Il ne se rend pas compte de ce qu'il est en train de faire ou il s'en fout complètement d'eux ? Ma fille le considère déjà avec pitié. Ce sont les mots qu'elle a utilisé avec moi aujourd'hui : il fait pitié. Elle lui demande d'arrêter de parler de moi, parce qu'elle n'aime pas le voir comme ça. Dans quelques années, elle comprendra assez vite ses misérables tentatives de manipulation, elle les voit déjà. Bientôt, il n'y aura plus de pitié, il y aura du mépris.

Mais le plus triste, c'est mon fils. Il est complètement pris entre deux feux. Devant les révélations de ma fille (révélations non sollicitées de ma part), il lui disait de se taire, il était tellement mal, il aurait aimé se téléporter ailleurs. Il est complètement déchiré entre son amour pour lui et l'importance d'un père, d'un modèle masculin et ce qu'il ressent peut-être comme de l'injustice. Il est plus sensible et j'ai l'impression qu'il se laisse plus facilement manipuler. Une chose est certaine, il est complètement à l'envers.

C'est déjà difficile un divorce, s'il faut en plus que les parents agissent comme des enfants égocentriques et se servent des leurs pour attaquer l'autre ! VIARGE !

Et puis moi, je suis pas faite en bois non plus ! J'ai complètement éclaté tout à l'heure, j'en ai marre de ses niaiseries ! J'ai dit aux enfants qu'il n'avait pas le droit de parler contre moi devant eux, que les chicanes des adultes ne les regardaient pas et qu'ils n'avaient pas à choisir entre leur père et moi. J'ai insisté sur le fait qu'indépendamment de la situation, leur père était un bon père (mon oeil oui) et que j'étais une bonne mère et que c'est cela qui comptait pour eux et non les chicanes des parents. Agir ainsi c'est de la méchanceté, de la manipulation, et un profond, mais crissement profond égoïsme.

J'ai décidé de prendre un rendez-vous avec la psychologue pour enfant de mon secteur, celle qui a rencontré Mégane voici deux ans. Je veux que Mathias puisse parler de sa peine à quelqu'un de neutre, j'ai eu l'impression qu'il s'était recroquevillé sur lui tellement il était mal à l'aise et qu'il se sentait coincé dans la situation.

Il est en train de fucker mes enfants et moi j'ai juste envie de lui défoncer sa tête !

(désolée, fallait que ça sorte, je ne relis même pas et tant pis pour les fautes et les gros mots, j'en ai rien à foutre)

mardi 27 octobre 2009

Le mécène sachant chanter

Quand j'étais petite, je voulais devenir écrivaine. J'aimais les mots, la poésie à deux sous et la musique des sons. Je me nourrissais de pages à l'infini et j'écrivais ma souffrance de vivre. Mais j'ai rarement écrit mes amours, je ne sais pas, peut-être parce que je ne tombais pas amoureuse, ou peut-être parce que je ne savais pas le reconnaître quand c'était le cas. J'ai souvent eu l'impression que j'ai été amoureuse par convention, parce que c'était ainsi qu'il fallait faire, à mon âge.

Oh! Il y a bien eu toi et cette double attente auprès du téléphone. Il nous eut fallu moins d'orgueil. Cette peine se consuma d'elle-même, sans papier et sans mot, si ce n'est les tiens, venus trop tard. Je les ai rangés quelque part dans la maison de ma mère. J'y pense, parfois. Il y a longtemps que je ne les ai relus.

J'écrivais l'adolescence avec des mots de petite fille, et ma sensibilité. C'était rarement glorieux, mais ça n'avait rien de cynique. Puis, j'ai grandi. Le reste de l'histoire est un peu bête, comme une adulte qui vit à côté de soi. Les rêves s'alourdissent du poids des peurs. La pauvreté de mes écrivaineries me faisait honte face aux oeuvres du passé. Je ne comprenais pas la valeur du temps qui forge. J'ai brûlé ses écrits-là, comme ma peine, et tourné le dos à l'enfance.

Aujourd'hui, l'écriture est une vague qui me prend toute entière et me projette dans l'eau du printemps qui s'embâcle et se craque, et claque sur les rochers. J'ai en moi une voix que je n'ai pu tuer, une voix qui ne s'est jamais tue.

J'écris pour être, et n'être pas seule.
J'écris aussi pour toi, pour te faire entendre cet appel que tu crois mort.
Son chant n'est pas vain. Il prend son temps, c'est tout.

Le Protecteur

Les feuilles étaient depuis longtemps tombées. La neige avait recouvert la terre, et Noël était triste de toutes nos larmes. Je me rappelle t'avoir dit, dans les dernières heures de ta conscience, que je ne trouverai jamais un homme comme tu le fus. Nous avions perdu notre Protecteur.

Nous. Tes filles et petites-filles, et ta femme. L'année qui débutait s'annonçait difficile et elle le fut. Nous avons, chacune à notre façon, traverser le deuil comme un chemin cahoteux, un pèlerinage funèbre d'une longue année qui se termine bientôt. Combien de fois ai-je posé le genou par terre, épuisée ? Combien de fois ai-je marché sans voir la route ? J'ai tenté, malgré la peine qui m'a ravagée, de ne pas perdre de vue ton étoile qui brillait la nuit.

Quelle chance que ton souvenir demeure ! Quelle chance que nous soyons encore en mesure de nous rappeler ton rire, tes câlins, tes compliments, tes maladresses, et cette intelligence du coeur qui t'a permis de transcender ta condition d'Homme! Tu as connu la guerre et le féminisme. Tu n'as eu que des filles, mais tu m'as raconté la chance qui fut la tienne. Pour elles, tu t'es battu. Pour elles, tu as changé.

Quelle chance que tu fus si fort que je puisse encore, quand la peine m'enveloppe, quand l'incertitude me gruge le coeur, quand la peur m'envahit le soir, puiser en toi, comme un puits sans fond, de cette eau qui donne le courage de continuer.

***

Laisse-moi être ton homme,
Ton amoureux, ton protecteur
Laisse-moi t'Aimer

Ce sont les mots semés par l'Amoureux hier soir. Après lecture, j'ai levé la tête vers ton image. Celle de toi, soldat et de grand-maman qui est belle comme une star de cinéma. J'avais les yeux plein d'eau de courage. Je t'ai demandé ce que tu en pensais.

Et c'est aujourd'hui, alors que le hasard des mots qu'on accole l'un à l'autre jette leur lumière sur une part d'inconscient, que je comprends que je n'ai nulle permission, nulle bénédiction à solliciter. Ces résistances, ces murailles, qui aurait pu t'arriver à la cheville ?

Qui d'autre, sinon moi. La place emblématique que tu occupes dans ma vie n'a plus sa raison d'être. Je choisis de la donner à un autre.

C'était si simple.
Tu souris, n'est-ce pas ? Je le sais.

lundi 26 octobre 2009

Love Mass-mailing

Mini-moi a envoyé un petit message tout mignon à tous ses amis pour leur dire qu'elle les aime et qu'ils doivent écrire le même message à 1 000 000 autres amis avant 15 minutes sous peine d'autodestructions et catastrophes variées.

Outre le fait que je me dois de faire un peu d'éducation sur la question des courriels de masse, il est plutôt rigolo de lire, dans la séquence d'adresses, celle de mon Ex suivi par celle de mon Amoureux. Encore plus drôle quand Mini-moi fait une erreur dans l'orthographe du nom de famille de l'Amoureux, qui se termine, sous son clavier, en *foure.

Quoi ? On peut bien s'amuser d'une bricole, non ?

Ah! oui oui ouiii!

Pendant un souper à la mémorable discussion dont je vous parlerai sûrement un jour, ma mère constate que je répète souvent la même expression :

- J'avoue.

J'avoue, dans le sens de ... j'avoue ton argument MAIS - on accorde à l'ennemi un point, de façon à l'écraser sur des arguments bétons, alors qu'il savoure encore de s'être fait lancer des fleurs.

Fiston, qui arrive à l'instant, est pris à parti de dire quelle expression sa mère, moi en l'occurrence, utilise constamment.

Il ne prend même pas quelques secondes de réflexion et s'exclame :

- AH !

Malgré l'attente, il ne rajoute rien de plus. Devant notre air incrédule, il répète :

- AH!

Mettez ici un peu du vôtre. C'est un AH ! très exclamatif, du genre que tout le monde entend dans un magasin, un restaurant, un hall d'entrée, une salle de classe. Un AH! qui échappe à mon contrôle, qui dépasse la réelle surprise causée par l'événement, somme toute et généralement, anodine.

Ça surprend, quand on attend une expression d'au moins quelques syllabes.

Par ailleurs, il n'a pas tort. Le Ah! me sert à toutes les sauces. Un Ah ! quand je viens de comprendre quelque chose, un Ah ! pour la chaussette perdue, un Ah ! lorsque je me rappelle une anecdote com-plè-te-ment inutile à raconter en classe, un Ah ! quand je pogne ma marmaille à faire un mauvais coup. Bref j'ai le AH ! facile et sonore.

*L'Amoureux acquiesce du chef*

J'avoue, Fiston m'a cassée !

dimanche 25 octobre 2009

SATISFACTION

J'avoue, j'ai un faible pour les casses-têtes chinois, les déductions à la noix, les conclusions (presque) complètement arbitraires qui me font croire que OUI OUI OUI j'ai trouvé ! Cette poussée de sérotonine qui lubrifie mon cerveau et le fait baigner dans le bonheur de la victoire, c'est mieux encore que n'importe quelle drogue.

Comme cette fois où j'ai deviné le médecin de l'histoire. C'est peut-être incompréhensible pour vous, mais moi je SAIS ! Je sais que j'avais raison. Ou les nombreuses fois où je devine la CHUTE d'un film. Éphémère sentiment d'avoir l'impression d'être meilleure que l'Autre. Une représentation d'un éternel combat oedipien : prouver à mon père une fois pour toute mes capacités intellectuelles (et généralement en vain, mais ceci est un autre billet).

Or donc, je me disais... mais comment DIANTRE des étudiants ont-ils pu découvrir mon blogue?

Bon.
ok.
C'était chose possible quand même. Suffit d'une lectrice silencieuse qui passe comme ça. J'avais un peu fait le deuil de savoir. Et en même temps, je n'avais pas trop envie de perdre mon temps avec ça.

Mais LÀ - JE SAIS !

Voilà, rien d'autre à dire, sinon que le hasard parfois joue bien des tours à double tranchant et que finalement, je suis bêtement heureuse pour rien.
C'est papa qui serait content.

En retard, en retard, EN RETARD

J'ai un fichu problème.

Le petit lapin dans Alice aux pays des merveilles (non, pas la version où elle se promène avec un couteau de boucher et le tablier qui va avec. Pas non plus celle de Tom Petty où elle se fait manger comme un gâteau de fête (Alice, pas le Lapin))...

... Non mais ?!!?

Eh bien, C'est Rare que Cela M'arrive. Mais Ça Mérite Majuscule.... J'AI PERDU MON IDÉE !

Pourquoi, vous demandez-vous ? Comment un esprit aussi fin que le mien, aussi raffiné, aussi précis peut-il s'égarer ? (Bon d'accord. Il suffit d'un cours pour savoir à quel point les méandres de mon cerveau réussirait à faire mourir de faim le Minotaure lui-même et que sans l'esprit rationnel de mes étudiantes à l'affût, je me serais depuis des lustres perdue, je disais donc...).

Je suis, par hasard et cherchant une image d'Alice bouchère (bouchetière ? Bouchetrice ? Bouchetrou ?) tombée sur le prochain film de TIM BURTON.

*orgasme*

(Pardonnez mon ignorance crasse : sans télévision et pratiquement sans cinéma pour cause de a) manque de temps b) manque de goût (pour la télé) c) manque de temps. Je n'avais encore pas vu cette bande annonce)

OH MY GOD !
OH MY GOD !

*autre orgasme*

Je suis toute remuée. Moi qui voue un culte à cette histoire, qui en collectionne les versions et qui connais, de surcroît (inutile de tenter de m'attraper sur ce point) le passé trouble de pédophile ET de cocaïnomane de l'auteur - ce qui ne m'empêche aucunement d'apprécier l'oeuvre (fait plutôt rare, j'ai tendance à l'émotif pour juger des qualités esthétiques d'une oeuvre, mais ici j'avoue que l'histoire est tendancieusement et troublement captivante, et dépasse la petitesse de son créateur), il ne m'était pas encore venu à l'entendement que TIM BURTON - dont je collectionne également l'oeuvre, s'attaquait à la chose !

En retard, vous dites ? Il est temps que je retourne au cinéma. (Il faut dire que c'était mon occupation de couple préférée, avant la séparation. Là, en fait, j'ai, comme qui dirait, autre chose à faire de mes soirées *censure* )

Il faut dire que Johnny Deep joue le rôle du Chapelier Fou...

Partout où je vais, les sorcières savent toujours tout !

Mini-moi (pourquoi mettre la hache dans les bonnes habitudes) écoute depuis quelques jours cette chanson-là :

Everywhere I go de Hollywood Undead

Dont les paroles ressemblent un peu à ceci :

Everywhere I go
Bitches always know
That Charlie Scene has got a weenie that he loves to show.

Au-delà de la profondeur intellectuelle des propos qu'il est toujours un peu difficile d'entendre chanter de la bouche d'une jeune fille de 9 ans;

Alors que j'ai probablement dans ma discographie pire encore (vous pouvez supprimer probablement de cette phrase : j'ai pire);

Et même s'il est plutôt rigolo de voir cette même jeune fille faire des headbang dans la cuisine ET se dandiner à la manière de Shakira (le mélange des deux est étrange, je vous l'assure);

Il n'en demeure pas moins que, lorsque Mini-moi est venue me demander s'ils disaient bitches, j'ai répondu sans l'ombre d'un sourcillement et avec tout le poids qu'on met dans les mensonges pédagogiques :

- Witches, Mini-moi. Ils disent Witches.

samedi 24 octobre 2009

Facebook, c'est pire qu'un perron d'église !

Ma psy tenait des diagrammes de mes amanteries et de mes relations amicales. Ça lui évitait, chaque fois que je nommais quelqu'un, de me demander son pedigree pour la énième fois. C'est qu'elle n'avait jamais eu une cliente (patiente) ayant un carnet de bal aussi costaud. En clair, mon réseau social est non seulement étendu, mais fréquenté, aimé, cajolé et parfois caressé (bah oui !). En bref, il occupe une grande partie de ma vie.

Elle estimait que j'allais chercher là une forme d'engagement amoureux qui me dégageait de l'investissement réel (et dangereux de mon point de vue) d'une vraie relation. Il est vrai que 16 ans de vie commune avec un homme pour lequel je n'éprouvais qu'une profonde et sincère amitié ne favorise en rien la conceptualisation de l'amour.

En terme technique, je contre-attaque ma dépendance affective en ne laissant aucune personne m'atteindre, me lier, m'asservir, me faire souffrir, me ... vous avez compris l'idée. Et je comble mes besoins affectifs dans l'entretien de ce réseau, ô combien, diversifié.

J'ai fait du progrès depuis cette trentaine entamée. Toutefois, ce serait mentir de dire que l'amour est une émotion claire dans ma psyché. Pour compliquer les choses, que dire du sentiment maternel que j'éprouve parfois à l'égard de certaines personnes ? Il y a des amitiés dont je me sens mère. Et là, je n'ai pas encore abordé la question du désir. Une amitié désirée ne fait pas l'amoureux. Un amoureux sans désir, c'est un mauvais mari.

La différence d'âge entre l'Amoureux (avec une majuscule) et moi étant assez importante, il m'arrive d'avoir des pulsions maternelles qui vivent relativement bien avec l'envie de l'accoter dans un mur pour l'embrasser (Bien oui, je suis presque pucelle, quoi ! J'ai des étudiants qui lisent, hein ! Je me censure - faudrait pas qu'ils pensent à autre chose que la grammaire dans mon cours!).

Finalement, tout ça pour dire que Facebook, j'en ai ma claque !

mercredi 21 octobre 2009

Amitié absolue

La montre était posée sur la table vitrée du patio. L'automne rayonnait de riches couleurs, et le temps de partir était venu. Le temps également de mettre fin à cette courte aventure. J'ai longtemps cru que c'était parce que tu ne m'aimas pas.

Les saisons ont passé et la fin n'est jamais venue comme on l'attendait. À la manière de l'eau de source, les émotions ont trouvé toutes sortes de chemin pour jaillir et son chant était plus clair que tes paroles.

Il a fallu d'un moment du haut de ta tour pour que je comprenne enfin que refuser le coeur tendu, c'était ta façon de nous donner la chance de ne jamais se quitter.

Je n'aurais pas voulu naître à une autre époque, celle-ci
est fantastique et tragique.
Je n'aurais pas voulu d'autres amis,
pas d'autres amours
que ceux qui dansent avec moi maintenant
vers le matin
vers plus
d'espoir.

Paradoxale

Je suis une femme à hommes amoureuse
un paradoxe de sexe et de coeur

Mais du haut de ta jeunesse
tu l'as si bien compris.

Regarde-moi dans les yeux et vois comme je t'aime.

mardi 20 octobre 2009

Souvenirs

Je ne sais pas pourquoi j'y suis allée.
Et une fois là-bas, je me suis posée la question.

Peut-être parce qu'il était celui qui m'a ouvert les bras cette nuit où j'ai manqué d'amour, cette nuit où mon grand-père est mort. Il n'en a jamais rien su. Je suis partie avant l'aube rose et je ne l'ai jamais revu depuis. 10 mois déjà.

La lumière crue du matin rendait son visage blafard et sa conversation ne présentait que peu d'intérêt. C'est peut-être parce qu'on ne s'est jamais vus hors de la nuit qui adoucit, hors du lit qui enchante, hors d'une ville qui ne sait pas dormir. Un amant occasionnel, un amant d'occasion.

Il m'a raconté sa vie, les tromperies de sa Belle, autant d'éclats miroités de ses propres infidélités. Je me garde bien de lui dire qu'il l'a cherché. Chacun ses leçons à tirer.

Il est parti de son côté à la fin du repas.
C'était sûrement un adieu.

dimanche 18 octobre 2009

Amour

Tu es mon équilibre, et parfois, je t'en veux. Tu incarnes l'expression même de mon incapacité à être saine, puisqu'il me faut, pour cela, être deux. Dans l'eau claire de tes yeux, je ne suis qu'à moitié folle et cette moitié-là ne trouve plus la force de franchir les barrières de la pudeur et de la morale dans une quête stérile dont la fin était prévisible et destructrice.

Il m'arrive de me demander si je t'aime vraiment. Si la souffrance qui me saisit lorsque je sais que tu ne viendras pas ce soir-là, celle qui m'empêche de me concentrer sur mon travail, d'avoir l'humeur joyeuse, si cette souffrance, c'est l'amour. Tu es à demi-fou d'abandon maternel, je suis à demi-folle de détachement paternel. Nos folies se lovent et s'apaisent.

Dans tes bras, je me sens ronde comme une lune, pleine de toi.

vendredi 16 octobre 2009

Ruptures

Pieds nus sur le sol de ma maison, j'en ressens les imperfections que j'ai appris à aimer. Je souhaite vivre ici longtemps avec les enfants. Ce soir, ils m'ont quitté pour cet autre que je ne reconnais plus. Peut-être l'ai-je connu dans une autre vie ou peut-être n'a-t-il été qu'une construction de mon cerveau, une image trouble d'un homme que la séparation a fait voler en éclat.

Ces départs sont autant de ruptures. Ils deviennent de plus en plus difficiles à supporter. Les retrouvailles conservent un goût d'amertume devant leur désorganisation à saveur d'adolescence. J'en viens à me demander si la garde partagée leur est bénéfique. J'aurais envie de leur dire qu'ils peuvent rester avec moi, mais j'ai sais que rien de bon ne peut sortir de ces paroles. Alors je ne dis rien. De toute façon, ils seront un jour assez grands pour prendre ces décisions.

Vent d'automne

L'automne triste vient de faire son entrée par la grande porte. Ce qui reste des feuilles s'envolent par bourrasque dans la lumière du petit matin froid. L'espace d'un instant, il m'arrive de percevoir le moment exact où elles cessent de s'élever, où le mouvement se fige et j'en retiens mon souffle. J'aimerais les voir, comme des bulles, disparaître dans le ciel.

Mais la terre a ses lois et rappelle à elle ses morts.

Cette nuit, j'ai rêvé de toi. Peut-être parce que hier, j'ai un peu pleuré ton absence. J'étais sur tes genoux, toute petite et toi, si grand. Je devais n'avoir pas plus de 5 ans. Je me tortillais pour descendre aller jouer, comme avant. J'étais bien à mon réveil. La vie n'a rien à attendre de la caresse des morts.

Ton départ me fait encore mal. Mais le vent souffle devant ma maison et j'ai envie, moi aussi de m'élever jusqu'au ciel.

mercredi 14 octobre 2009

Fêlure

Les jours où je joue mon rôle à merveille, où je suis ce qu'on attend de moi, la mère, la fille, l'enseignante, l'amie, l'amante et l'amoureuse, ces jours-là, je lis Bukowski et je me dis qu'il est désagréable, dérangeant, qu'il pue l'alcool et le mauvais sexe. Puis je me dis aussi que tu l'aimes et qu'il y a sûrement quelque chose, une compréhension du monde Mâle, qui m'échappe. Dans mon lit vert, les fenêtres fermées sur les oreilles indiscrètes du voisinage, je force l'entrée des mots dans ma gorge. Je me dis qu'à force, l'instinct de vomir va peut-être disparaître et que ces contes germeront au plus profond, là où le monde est bleu et noir. Glauque. Vaseux.

Conscience, cynisme et présence au monde, dis-tu, qui donnent envie de retourner aux origines, en espérant, espoir vain, le Bon Sauvage de Rousseau m'accueillant bras ouvert et queue au vent. À moins que ce ne soit un singe ou un tigre.

Les jours où je joue mon rôle à merveille.

mardi 13 octobre 2009

Vitalité sauvage

J’ai trop d’ex et d’expérience. J’ai trop de corps libre et d’envie de sexe. Je jouis bruyamment. J’éclabousse et je goûte et je mordille de mes dents. Je laisse ma marque sur les corps des autres et cela te gène. Si je le pouvais, certains soirs, je mangerais le monde. Je l’avalerais et le noierais sous des litres de vins. Je le porterais pendant 9 mois et, dans la douleur ultime, je l’accoucherais. J’en serais la mère. Et ce monde, au creux de mes mains, tu verras, elle aura les yeux bleus comme toi.

Avortée

Parfois, j'ai l’impression que tout se résume à cette histoire et que la mort va me trouver, alors que mon corps aura vieilli, alors que mes enfants auront grandi et les tiens, et tes femmes qui s’écouleront, ou peut-être pas justement, mais seulement cette Reine que tu aimes parce qu’elle est innocente, alors que moi, je peine à l’être parfois, mais je ne trompe personne. Lorsque je mourrai, je sais que je pourrai dire avoir connu une histoire plus grande que le cœur des hommes, ceux qui ont écrit la littérature lorsque la littérature n’était pas une affaire de femme, une histoire comme celle qui se trouve dans les livres, mais qui ne sera pas écrite parce que, justement je suis femme et je me dis qu’après, ce serait de la souffrance pour rien. Qu’elle vive dans ta tête et dans la mienne surtout, cela fait déjà beaucoup trop de vie pour une histoire qu’on a avorté à plusieurs reprises. L’écrire, ce serait confronter le cours normal des choses, ce serait vivre avec le romantisme d’avoir transcendé la mortalité, lui donner un second souffle alors qu’au fond, il lui suffit de si peu pour émerger dans les vapeurs de l’alcool, entre les chairs qui s’écartent et le sang qui coule.

Kaléidoscope

Aujourd'hui, je n'ai plus d'instant qui m'appartienne. Les jours se succèdent et j'ai l'impression de m'éparpiller aux quatre vents, comme ce mauvais roman, à 15 ans, je me rappelle. Je l'ai lu par défi, alors qu'il m'ennuyait. J'avais encore, à l'époque, du temps pour m'ennuyer et du temps pour lire. Je ne savais pas encore que la solitude est une amie tenace, que pour la fuir, il en fallait beaucoup d'autres. Elle finissait toujours par me tomber dessus, un livre à la main. J'étais lectrice par défaut. J'étais lectrice, parce que les Autres se compliquaient et que la vie ne suivait pas de plan et que les mots sont comme des murs devant les émotions. Lire, c'était à défaut d'être au monde, c'était une façon de passer le temps de mon adolescence sans vivre. Chez moi, ça sentait le papier jauni, l'encre sèche. La vie, par politesse, s'était arrêtée à la porte.

Un jour où j'allais mourir et que les viaducs de l'autoroute se sont faits séduisants - je me suis mis dehors de ma maison de papier. Je me suis accouchée et ce fut difficile. C'est normal, j'étais un gros bébé, j'avais eu le temps, en trente ans, de devenir lourde, d'être lourde du poids de trente années. Pendant un an, j'ai poussé et j'ai hurlé. J'ai pleuré et j'ai joui. J'ai gelé la douleur aussi. Il m'est arrivé, pendant un an, de regretter les viaducs et leur solidité.

Je me suis éparpillée, comme une cervelle d'oiseau qui prend son envol la première fois. J'ai semé de moi dans des maisons de passage, crié mille orgasmes comme un défi à la face des Hommes. Je n'ai posé nulle part mes valises et le visage de mes amants se confondent dans les souvenirs, ils finissent par se ressembler. Kaléidoscope de sperme dont le goût, vaguement laiteux, ne nourrit pas ma fibre maternelle. J'ai vécu cet accouchement comme un long orgasme dans les bras de mille amants. Dans ma mémoire, ils sont comme les pages de ces livres que j'ai dévoré par solitude. Ma maison n'est plus une maison de papier. C'est une maison de chair et de queues.

samedi 5 avril 2008

Demeter et Persephone

Le texte suivant a été lu dimanche le 6 avril 2008, à l'occasion du Café-Blogs. Le thème choisi était celui du printemps, en référence au mythe de Demeter, la déesse de la nature et sa fille Persephone, kidnappée par le dieu des Enfers, Hades. Le retour de Persephone auprès de sa mère correspond au printemps, donnant ainsi naissance au cycle des saisons.

***

Mini-moi, c’est aujourd’hui ta fête.

Tu es venue au monde comme une balle.
Tu as déchiré l’univers et tu as hurlé toute ta haine envers lui dès les premières secondes de ton existence.

Lorsqu’épuisée par les cris, le sommeil te fuyant, tu scrutais les gens sans sourire d’un regard soutenu qui les rendait mal à l’aise. Les jugeais-tu, déjà ?

Tu étais une enfant douée. Il n’y avait aucun doute là-dessus lorsqu’à 9 mois, tu marchais partout; lorsqu’à 18 mois, tu parlais si clairement; lorsqu’à 4 ans, tu m’expliquais que mon nom devait prendre un e à la fin, parce que j’étais une fille; lorsqu’à 6 ans, tu avais compris que le langage, ce n’était qu’un code qui ne voulait rien dire de plus que ce qu’on avait consensuellement décidé et que tu m’affirmais : « là, je te parle, mais tout ce que je dis, ça veut rien dire, parce que c’est juste des sons ».

Mais tu étais également une enfant exigeante.
Capricieuse.
Colérique.
Destructrice.
Tu as compris tôt que les mots sont tes armes, qu’ils étaient source de pouvoir. Tu savais déjà faire mal d’une parole. Même du haut de tes 7 ans.

Tu avais peu d’amis, mais tu ne faisais pas d’effort en ce sens. Tu trouvais les filles idiotes. Tu rêvais d’être un garçon. Tu rêvais d’être une adulte. Mais tu n’es qu’une petite fille, même si, aujourd’hui, tu as 8 ans.

J’ai réalisé tardivement à quel point tu me ressembles. Tout, apparemment, nous oppose, puisque je suis la joie de vivre, alors que toi, tu portes le poids du monde sur tes frêles épaules.
Mais je n’avais pas réalisé que je m’étais glissé les pieds, à mon insu, dans les pantoufles d’Atlas.

Et puis il y a eu ces tests en neuropsychologie que nous avons passés presque en même temps. Et ces résultats troublants, et ces troubles, quasi identiques sur toute la ligne. Et il y a cette étrange corrélation d’humeur entre nous : lorsque j’ai été au plus mal, c’est là que tu fus la pire.

Je souffrais en silence; tu hurlais ma rage.

Toutefois, ma souffrance découlait de mes choix; mais toi, tu n’avais pas choisi ta colère.


Dehors, c’est le printemps.
Donne-moi la main, Mini-moi, je vais te guider hors des Enfers.

 
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